Lutte contre le réchauffement climatique : pour une Bretagne à la pointe du défi européen !

Mercredi 21 avril, les États de l’Union européenne se sont accordés sur l’objectif d’une réduction nette d’au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serre de l’UE d’ici 2030, par rapport à 1990.

Motivé par un contexte géopolitique qui pousse l’Europe à se positionner pour conserver son leadership en la matière, cet accord est loin d’être suffisant, à de nombreux égards. En particulier, parce que cet objectif est en-deçà de celui visé par le parlement européen (60 %). De leur côté, les ONG s’accordent sur un objectif de 65 % à horizon 2030 pour respecter l’Accord de Paris.

Il n’empêche : l’Europe progresse sur le terrain de la lutte contre le dérèglement climatique. Nous aurions tort de ne pas souligner l’avancée que constitue cet objectif. Il aura désormais force de droit, dans le cadre de la “loi climat” européenne.

Il va beaucoup plus loin que la stratégie nationale bas carbone fixée par l’Etat français, avec un objectif de 40 % de réduction des émissions à horizon 2030. Au regard de l’impératif climatique et de l’engagement européen, c’est clairement insuffisant. Cela l’est d’autant plus que la trajectoire des émissions constatées ne suit pas les annonces politiques.

L’Europe appelle à rebattre les cartes.

Ambition pour la Région, clarté pour le citoyen

La Région Bretagne a fixé un objectif de 50 % de réduction des émissions à horizon 2040, par rapport à 2012. C’est cohérent avec la stratégie nationale, mais bien en deçà des objectifs européens. Par ailleurs, les échéances ne sont pas en phase. Or, nous avons besoin de porter une ambition forte et lisible, pour qu’elle soit véritablement partagée. Nous ne pouvons pas risquer de perdre les Bretonnes et les Bretons. Nous n’avons pas 10 ans à perdre.

C’est pourquoi, dès le lendemain des élections, nous déclarerons l’État d’urgence climatique. A travers cet acte politique fort, nous souhaitons clarifier l’objectif pour le territoire régional. Nous nous alignerons donc sur l’ambition proposée par le Parlement Européen : viser a minima 60 % de réduction d’ici à 2030, par rapport à 1990.

Une opportunité pour l’emploi et la démocratie

Ce défi est de taille, ne le nions pas. Mais il constitue une formidable opportunité pour le développement du territoire régional. Il passe par un plan de développement des filières de la transition écologique et de relocalisation massive des activités. Toutes les études convergent : cette dynamique peut générer des dizaines de milliers d’emplois à l’échelle régionale, dont près de 30 000 pour la seule filière des énergies renouvelables.

Saisissons l’ambition proposée par l’Europe, relevons collectivement le défi de la transition écologique de l’économie, au service d’un développement équilibré des territoires. Au service d’un développement qui ne laisse personne de côté.

A l’heure où les Etats-Unis eux-mêmes s’engagent plus fortement, avec une logique forte de mobilisation des territoires, le centralisme de la Stratégie française laisse par ailleurs songeur. La responsabilité doit être partagée avec les acteurs locaux, dans une logique de confiance retrouvée dans la démocratie, dans les initiatives locales.

Aménagement, développement économique, emploi et formation : sur le papier, la Région dispose de toutes les compétences pour assumer ce défi. Nous y sommes prêts. Nous porterons cet engagement avec tous les acteurs des territoires. S’appuyer sur les initiatives que nous rencontrons au quotidien, sur le terrain. Partout. C’est aussi une formidable opportunité pour la démocratie.

Un commentaire

  1. D’accord avec bien des 12 points (Bio cantine, PAC, gestion et protection de l’eau, langues régionales, etc…
    cependant notre programme manque de fond et de clarté sur la transition energetique et écologique:
    Objectif acté de réduction de 55% des émissions de GES en 2030.
    > est-ce suffisant ?
    – c’est en retrait par rapport aux besoins énoncés par le GIEC
    > comment faire
    – parler de la reduction de fuites thermiques des batiments est tres insuffisant
    – nous n’osons pas parler Hydrogéne, (j’entend H2 vert produit par électrolyse eau de mer alimentée par Eolien/Photovoltaique), nous n’osons pas parler EOLIENNES….
    Il n’y aura pas de transition écologique sans éoliennes. Faites les calculs dans tous les sens (je suis physicien, j’aime les calculs)…, on ne peut pas demander aux citoyens de revenir au 19àme siecle. I faut , bien sûr, reduire les consommations (transports, industries, batiments,..), il faut surtout mettre en place des sources d’energies renouvelables non émettrices de GES. Nos futures sources devront être, pour # 40% chacune, Eolien et Photovoltaique. Les 20% restant seront biomasse et autre récupérations locales.
    Pour intégrer la mobilité et le stockage, il FAUT passer par l’hydrogéne vert…
    Donc je ne comprends pas notre manque d’engagement sur cette filière, appropriée à nos cotes bretonnes venteuses, generatrice d’autonomie énergétique et génératrice d’emplois et de valeur ajoutée, par des coopérations universitaires (Rennes Brest,..) et des industries vertes à créer localement…
    a disposition pour developper , élaborer , justifier et diffuser…
    J P aubry

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