Une convention citoyenne sur le logement pour débattre d’un statut de résident en Bretagne

Face aux difficultés croissantes de l’accès au logement en Bretagne et à l’augmentation du nombre de résidences secondaires dans la région, notamment dans certaines communes du littoral, la liste Bretagne d’Avenir annonce qu’elle ouvrira dès le début du mandat une grande convention citoyenne régionale sur le logement. Il s’agira de soumettre au débat auprès des citoyens bretons les propositions issues du programme et notamment une proposition de création d’un statut de résident. Celui-ci consisterait à réserver dans les parties du territoire breton les plus en tension, le droit d’acheter aux personnes résidant depuis un an au moins sur le territoire, de manière à lutter contre la spéculation et à faire progressivement baisser les taux de résidences secondaires. Avec cette mesure, la liste Bretagne d’Avenir entend également agir en faveur de l’équilibre des territoires et préserver la vitalité des petites communes. 

Depuis le début de la crise sanitaire, l’attractivité de la Bretagne s’est renforcée et les prix de l’immobilier augmentent partout. Dans un nombre croissant de territoires il devient difficile de se loger pour des ménages aux revenus modestes ou même moyens, en raison des différentiels de revenus entre la majorité des résidents permanents et les acquéreurs de maisons secondaires. La côte, en particulier, qui compte des pourcentages élevés de résidences secondaires, est de plus en plus inaccessible aux habitants du pays. La situation est plus que préoccupante, tant sur le plan social qu’écologique, car en plus de remettre en cause l’effectivité du droit au logement sur les zones littorales et dans les villes pourvoyeuses d’emplois, l’écart croissant entre l’offre et la demande risque de pousser les Bretonnes et les Bretons à s’installer toujours plus loin de leur lieu de travail, et à construire toujours plus de nouveaux logements sur des terres agricoles ou des espaces naturels. Or, la Bretagne fait déjà partie des 3 régions en France où le rythme d’artificialisation des terres est le plus élevé (donnée extraite du SRADDET voté par le Conseil régional).

Il n’est pas question de fermer la porte à celles et ceux qui veulent venir ou revenir vivre en Bretagne. Trop longtemps la Bretagne a été une terre d’émigration – elle l’est encore pour les jeunes actifs! – et l’installation de nouveaux habitants est une chance pour autant qu’il s’agisse de futurs résidents permanents et que l’on parvienne à organiser l’accueil d’une manière soutenable sur le plan écologique comme sur le plan social. Là est bien l’enjeu central.

Gouverner, c’est choisir, et il faut regarder la réalité en face: on ne peut pas en même temps loger une population en forte croissance, laisser des centaines de milliers de logements vides neuf mois sur douze et arrêter l’urbanisation des terres. Prétendre le contraire, c’est mentir. Or il faut urgemment préserver notre potentiel agricole, protéger la biodiversité et maintenir une bonne capacité de stockage naturel du carbone. Il faut donc faire des choix.

En l’occurrence, plutôt que de choisir entre droit au logement et écologie, il nous paraît préférable de prioriser le logement permanent sur le logement occasionnel. C’est une condition nécessaire pour que la Bretagne puisse absorber l’afflux de nouveaux arrivants sans brader les terres ni laisser s’envoler les prix.

Parce que l’accès au logement est une des préoccupations majeures des Bretonnes et des Bretons, la campagne des élections régionales doit être une première étape pour débattre de ce projet avec nos concitoyens.

2 commentaires

  1. […] Cette proposition rédigée par Nil Caouissin pour l’Union démocratique bretonne vise à limiter l’emprise des résidences secondaires et de la spéculation immobilière, en particulier dans les zones les plus touristiques de Bretagne. Claire Desmares-Poirrier, tête de liste pour Bretagne d’Avenir, l’explique ainsi : « Il s’agira de soumettre au débat auprès des citoyens bretons les propositions issues du programme et notamment une proposition de création d’un statut de résident. Celui-ci consisterait à réserver dans les parties du territoire breton les plus en tension, le droit d’acheter aux personnes résidant depuis un an au moins sur le territoire, de manière à lutter contre la spéculation et à faire progressivement baisser les taux de résidences secondaires. Avec cette mesure, la liste Bretagne d’Avenir entend également agir en faveur de l’équilibre des territoires et préserver la vitalité des petites communes. » (voir site Bretagne d’Avenir) […]

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