Tribune en réponse à l’interview de Jean-Yves Le Drian

La région Bretagne a connu une dynamique incontestable avec l’arrivée d’une nouvelle équipe au Conseil régional (PS/Verts/UDB/PC/Radicaux) et de Jean-Yves Le Drian à la présidence en 2004.

Les Verts ont été acteurs majeurs de cette victoire. Ils ont intégré l’exécutif et exercé des délégations de première importance (Mer et Littoral, Lycées, Agenda 21, Établissement Public Foncier…). Ils ont mené, avec détermination et par un dialogue constructif avec tous les partenaires , les dossiers dont ils avaient la charge. Les outils que les écologistes ont mis en place pour l’avenir de la Bretagne ont porté leurs fruits : Maison de la Bretagne à Paris, Établissement Public Foncier de Bretagne, Bâti exemplaire des lycées, Conseil Régional des jeunes lycéeen.ne.s et apprenti.e.s de Bretagne, Développement du lycée Diwan de Carhaix, Signature de la Charte des espaces côtiers, Agenda 21 dans toutes les politiques publiques régionales…

Les écologistes ont agi pour faire de l’écologie un levier de cohésion et d’équité sociale et territoriale. Nous pouvons témoigner de la convivialité et de la volonté sans faille de toute de l’équipe à agir au service des Bretonnes et des Bretons. JYLD était alors conscient que la diversité de son équipe était une richesse indispensable à la réalisation du projet partagé pour la Bretagne. La grande satisfaction de JYLD vis-à-vis du travail réalisé par les écologistes s’est inscrite d’ailleurs dans le bilan de mandat dont il n’a pas manqué de se prévaloir.

Alors où est l’œuvre de décroissance dans l’action des écologistes ? Utiliser ce terme au sens péjoratif donné par l’ancien président, c’est faire preuve au moins d’amnésie sinon de mauvaise foi de ce qu’est l’engagement et la pratique des élus écologistes lorsqu’ils exercent leur mandat au Conseil régional ou dans les collectivités de Bretagne. Quel vent mauvais a-t-il donc pu se faufiler au Quai d’Orsay pour, à ce point, tournebouler l’esprit de JYLD que nous avons connu plus clairvoyant ?

Soyons sérieux, car le moment le réclame. La gauche sociale et écologiste a le devoir de se rassembler pour être au rendez-vous de cette nouvelle page de l’histoire de la Bretagne. La crise sanitaire a été un puissant révélateur de l’incapacité des politiques en place à faire un pas de côté pour répondre aux enjeux de ce 21ᵉ siècle : trouver les voies nouvelles pour des agricultures rémunératrices, respectueuses des équilibres écologiques et épanouissantes, de nouveaux modèles de production et de consommation durables, une économie dynamisée par la transformation écologique de ses activités, des transports avec une réduction drastique de l’empreinte carbone…

Quant à la question du statut de résident que vous mentionnez, les écologistes sont prêts au débat sur cette question cruciale de l’accès au logement et non à imposer leur point de vue loin de la caricature que vous en faites. Jamais ce statut n’a été envisagé « réservé » aux bretonnes et aux bretons. C’est au contraire une proposition d’ouverture et une chance de développement équilibré de la Bretagne. Et ce n’est qu’une proposition parmi d’autres pour traiter du sujet crucial de l’accès au logement des classes populaires.

Alors pourquoi tant de mépris, de pratique de l’anathème envers les écologistes ? Serait-ce parce qu’ils ne soutiennent pas au niveau national une politique destructrice des libertés publiques, rétrograde sur les questions écologiques et socialement injustes ?

Nous aurions préféré une tribune contre le Front National à une diatribe contre les écologistes. Le menhir parisien bénissant la Bretagne n’a pas sa place ici…

Michel Balbot, Marie-Pierre Rouger, Pascale Loget ex Vice-président.e.s écologistes du Conseil Régional de Bretagne

Un commentaire

  1. Je soutiens cette liste car le temps est venu de peser fortement sur les rapports de force qui, jusqu’ici, ont permis à des lobbies puissants de maintenir des modèles économiques qui ne sont plus adaptés aux défis de demain.

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